Tapis de marche ou tapis de course ? Un modèle à 300 € et un autre à 1 000 € se ressemblent en photo, mais ils ne servent pas à la même chose. Le premier se range sous un lit et permet de marcher en travaillant. Le second est fait pour courir, enchaîner des intervalles ou marcher en côte.
Se tromper coûte cher : un tapis de marche ne supporte pas la course, et un tapis de course de 80 kg n’a pas sa place dans un studio. Ce guide compare les deux appareils point par point (vitesse, moteur, taille de la bande, amorti, bruit, prix) pour vous aider à choisir selon votre objectif, votre logement et votre poids.
La principale différence entre tapis de marche et tapis de course tient à l’usage : le tapis de marche aide à bouger davantage au quotidien, à faible vitesse. Le tapis de course est un appareil d’entraînement, conçu pour courir et marcher en pente.
- Tapis de marche : de 0,8 à 6-8 km/h, 20 à 35 kg, moins de 15 cm d’épaisseur, de 180 à 450 €.
- Tapis de course : de 1 à 16-22 km/h, inclinaison motorisée jusqu’à 12-15 %, de 60 à plus de 100 kg, de 450 à plus de 1 500 €.
Si vous comptez courir, même de temps en temps, prenez un tapis de course : la bande d’un tapis de marche est trop courte et son moteur trop faible.
Tapis de marche ou tapis de course : tableau comparatif
Les valeurs ci-dessous correspondent aux modèles grand public les plus courants. Vérifiez toujours la fiche technique du modèle qui vous intéresse.
Critère | Tapis de marche | Tapis de course motorisé |
|---|---|---|
Vitesse | De 0,8 à 6-8 km/h | De 1 à 16-22 km/h |
Usage | Marche lente ou soutenue, marche au bureau | Footing, endurance, allure tempo, fractionné, marche en côte |
Puissance continue du moteur | 1 à 1,75 CV, sans ventilation | 2,5 à 4,5 CV, moteur ventilé |
Surface utile de la bande (largeur × longueur) | Environ 40 × 100-120 cm | Environ 45-55 × 130-155 cm |
Amorti | Plateau souple sur petits tampons en caoutchouc | Élastomères, silentblocs ou coussins d’air |
Inclinaison | Aucune, parfois 2-3 % réglables à la main | Motorisée, de 0 à 12-15 % |
Encombrement et poids | Moins de 15 cm d’épaisseur, 20 à 35 kg | Cadre en acier, 60 à plus de 100 kg |
Poids maximal de l’utilisateur | 100 à 120 kg | 120 à 150 kg selon le cadre |
Bruit à l’usage | Faible, environ 45 à 60 dB | Moyen à fort : moteur et impacts transmis au sol |
Sécurité | Arrêt par télécommande, rarement de rampes | Clé d’arrêt d’urgence et mains courantes |
Prix indicatif | De 180 à 450 € | De 450 à plus de 1 500 € |
Les fiches techniques mentionnent parfois une puissance « crête », que le moteur n’atteint que quelques secondes. Fiez-vous plutôt à la puissance continue (CV continus, ou CHP en anglais) : un moteur annoncé à 3 CV crête peut n’en fournir que 1,5 en continu.
Pour le poids maximal, gardez une marge de 20 à 30 kg par rapport à votre propre poids. Un cadre et un moteur qui travaillent sans cesse à leur limite s’usent plus vite, surtout en course.
Quelles sont les différences techniques ?
La course demande plus de vitesse, une bande plus longue et un amorti capable d’encaisser environ deux fois plus de charge à chaque appui. C’est ce qui explique l’écart de poids et de prix entre les deux appareils.
Quelle puissance de moteur faut-il ?
Pour marcher, 1 à 1,75 CV continus suffisent. Pour courir régulièrement, comptez au moins 2,5 CV continus, et 3 CV ou plus si vous pesez plus de 90 kg ou si vous courez longtemps au-dessus de 12 km/h.
En course, chaque appui freine brièvement la bande, et le moteur doit aussitôt la relancer. Il lui faut donc plus de couple et une ventilation, sans quoi la vitesse devient irrégulière ou le moteur chauffe pendant les longues séances.
Quelle taille de bande pour courir ?
Pour courir jusqu’à 12 km/h, la bande doit mesurer au moins 45 × 135 cm. Au-delà, ou si vous mesurez plus de 1,85 m, visez 50 × 140-150 cm. Pour marcher, 40 × 110 cm suffisent. En marchant, on garde les pieds près du sol et un pas dépasse rarement 80 cm. En courant, on décolle du sol, il y a environ 1 à 1,5 m entre deux appuis, et les pieds dévient un peu sur les côtés.
Pourquoi l’amorti compte-t-il davantage en course ?
À chaque appui, la course transmet au corps 2 à 3 fois son poids, contre 1 à 1,5 fois pour la marche. Le tapis de marche se contente d’un plateau souple posé sur de petits tampons en caoutchouc.
Le tapis de course utilise des élastomères, des silentblocs ou des coussins d’air pour réduire le choc transmis aux genoux, aux tendons d’Achille et au dos.
Un bon amorti réduit les contraintes, mais il ne compense ni une augmentation trop rapide du volume d’entraînement, ni des chaussures usées.
À quoi sert l’inclinaison ?
L’inclinaison rend l’effort plus intense sans courir plus vite : à 5 km/h, marcher sur une pente de 10 % demande environ deux fois plus d’énergie qu’à plat. Les tapis de course la règlent de 0 à 12-15 % par moteur, en pleine séance. Les fessiers, les ischio-jambiers et les mollets travaillent alors davantage. Les tapis de marche, eux, s’utilisent presque toujours à plat.
Faut-il envisager un tapis de marche mécanique ?
Le tapis de marche mécanique ne se justifie qu’avec un petit budget et sans problème articulaire. Sans moteur, il est bon marché, léger et fonctionne sans électricité : c’est en poussant avec les jambes qu’on fait tourner la bande, sur un plateau légèrement incliné en permanence. Cette résistance au démarrage sollicite les genoux et les hanches, ce qui le rend peu adapté à la rééducation et à l’arthrose.
Bruit, place, sécurité : que vérifier chez soi ?
En appartement, le bruit et la place qu’occupe la machine comptent souvent plus que sa vitesse maximale.
Un tapis de course est-il trop bruyant en appartement ?
Il peut l’être : sur un plancher en bois ou une dalle fine, le voisin du dessous entend les foulées, même avec un tapis de sol. Un tapis de sol en caoutchouc dense de 6 à 10 mm atténue les vibrations sans les supprimer. Un tapis de marche, lui, ne produit qu’un bruit de glissement, assez discret pour un usage en étage ou pendant un appel.
Quelle place faut-il prévoir ?
Un tapis de marche fait moins de 15 cm d’épaisseur et se range sous un canapé ou un lit ; certains se plient en deux. Un tapis de course replié à la verticale occupe encore environ 1 m² au sol sur 1,60 m de haut. Pendant l’utilisation, laissez environ 2 m libres derrière lui et 50 cm de chaque côté.
Quels équipements de sécurité sont utiles ?
Une clé d’arrêt d’urgence et des mains courantes, présentes sur presque tous les tapis de course mais souvent absentes des tapis de marche pour bureau. Elles sont indispensables si votre équilibre est fragile ou si vous reprenez après une blessure.
Peut-on marcher en travaillant ?
Oui, avec un bureau assis-debout réglé à la bonne hauteur. La plupart des gens tapent au clavier sans difficulté entre 2 et 4 km/h.
Tapis de course ou de marche : lequel choisir ?
Choisissez un tapis de marche pour bouger davantage avec peu de place et moins de 450 €. Choisissez un tapis de course pour courir ou marcher en pente, ou si vous pesez plus de 100 kg.
Le tapis de marche convient si :
- vous voulez surtout cumuler des pas, par exemple en travaillant ;
- vous marchez entre 2 et 6 km/h, sans courir ;
- vous vivez dans un studio ou n’avez pas de coin réservé au sport ;
- vous devez sortir et ranger la machine seul chaque jour ;
- vous pesez jusqu’à 80-90 kg environ ;
- votre budget se situe entre 180 et 450 €.
Le tapis de course convient si :
- vous préparez un 10 km, un semi-marathon ou un trail, ou travaillez votre VMA ;
- vous voulez faire du fractionné ou de la marche inclinée ;
- vous disposez d’environ 1 × 2 m au sol, plus l’espace de sécurité ;
- vous pesez plus de 100 kg ou plusieurs personnes l’utiliseront ;
- votre budget dépasse 450 € (comptez 700 à 1 200 € pour courir régulièrement).
Tapis de course et tapis de marche – questions fréquentes
Les dépenses caloriques indiquées ci-dessous valent pour une personne de 70 kg ; elles augmentent avec le poids.
Quelle différence entre tapis de marche et tapis de course ?
Elle tient surtout à la vitesse et à la robustesse. Le tapis de marche plafonne à 6-8 km/h, avec un moteur de 1 à 1,75 CV et une bande compacte. Le tapis de course monte à 16-22 km/h et dispose d’un moteur de 2,5 à 4,5 CV, d’une bande plus longue et plus large, d’un amorti renforcé et d’une inclinaison motorisée.
Peut-on marcher sur un tapis tous les jours ?
Oui. Pendant la marche, un pied reste toujours au sol, ce qui ménage les articulations. Marcher 30 à 60 minutes par jour à allure modérée (4 à 6 km/h) aide à réguler la glycémie, améliore la circulation dans les jambes et entretient la mobilité. L’OMS recommande 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine. Les études associent par ailleurs 6 000 à 10 000 pas par jour, selon l’âge, à une baisse nette de la mortalité.
Peut-on courir sur un tapis tous les jours ?
Ce n’est pas recommandé pour la plupart des gens. La course provoque des microlésions musculaires et sollicite fortement les tendons et les cartilages. Sans jours de repos ou de sport complémentaire (vélo, natation), le risque de périostite, de tendinite et de surentraînement augmente.
Trois à quatre séances par semaine permettent de progresser sans se blesser. Les coureurs expérimentés peuvent courir plus souvent, à condition d’alterner séances faciles et séances intenses.
Vaut-il mieux marcher ou courir pour maigrir ?
Les deux fonctionnent. Le meilleur choix est celui que vous tiendrez sur la durée, accompagné d’un léger déficit calorique.
- Course à 10 km/h : environ 600 à 750 kcal par heure.
- Marche à plat à 5 km/h : environ 250 à 300 kcal par heure.
- Marche à 5 km/h sur une pente de 8 à 12 % : environ 450 à 600 kcal par heure, autant qu’un footing lent, avec beaucoup moins d’impacts.
À intensité modérée, le corps puise une plus grande part de son énergie dans les graisses. Mais c’est la dépense totale sur la semaine qui fait perdre du poids, pas le type de carburant utilisé pendant la séance.
Faut-il plutôt courir ou marcher sur un tapis de course ?
Le tapis de course permet les deux. Si vous débutez ou si vous êtes en surpoids, commencez par la marche inclinée : elle fait travailler le cœur sans malmener les genoux. Quand vos tendons et vos muscles se sont habitués, alternez course et marche, puis allongez peu à peu les phases de course.
30 minutes de tapis suffisent-elles pour perdre du poids ?
Oui, si vous pratiquez trois à cinq fois par semaine et que vous adaptez votre alimentation. Une demi-heure de marche rapide en pente ou de course brûle environ 220 à 380 kcal. Pour rendre la séance plus intense sans l’allonger, alternez une minute d’effort soutenu et une minute de marche.
15 minutes par jour, est-ce utile ?
Oui, c’est bien plus utile que de ne rien faire. Un quart d’heure de marche relance la circulation après une longue période assise, détend le bas du dos et limite la hausse de la glycémie après un repas. En augmentant la vitesse ou la pente, ces 15 minutes peuvent aussi servir d’échauffement.
Le tapis fait-il perdre du ventre ?
Pas de façon ciblée : il est impossible de choisir l’endroit où l’on perd de la graisse. Le tapis augmente en revanche votre dépense énergétique. Avec une alimentation un peu moins calorique, vous perdez de la graisse sur tout le corps, ce qui réduit aussi le tour de taille et la graisse abdominale profonde.
Quels sont les inconvénients d’un tapis de course ?
- Il est lourd, encombrant et difficile à déplacer seul.
- Il est bruyant : le moteur et les impacts des pieds font vibrer un plancher en bois ou une dalle fine.
- Il coûte cher : un modèle avec une bande large, un bon amorti et un moteur solide revient nettement plus cher qu’un tapis de marche.
- Il peut devenir monotone : courir face à un mur lasse vite sans musique, vidéo ou programme d’entraînement.
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Auteur: Loïc Marceau