Exercice lombaire : 9 exercices pour le bas du dos à la maison

Le meilleur exercice lombaire, c'est une routine : un peu de gainage, quelques étirements et beaucoup de marche. Pour la plupart des personnes, 3 exercices (curl-up modifié, gainage latéral, bird dog), 3 étirements doux pratiqués 3 à 5 fois par semaine, et 30 minutes de marche la plupart des jours suffisent à réduire la douleur et le risque de rechute. Les premiers effets apparaissent en général après 4 à 6 semaines de pratique régulière.

Le mal de bas du dos touche environ 4 personnes sur 5 au cours de leur vie. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une lombalgie dite « commune », sans lésion grave. Les recommandations françaises et internationales vont dans le même sens et privilégient le mouvement plutôt que le repos. Vous trouverez ici les exercices pour le mal de bas du dos à faire à la maison, avec leurs séries, leurs durées, l'ordre de progression et ceux à éviter.

Lombaires : ce qu'il faut comprendre avant de faire un exercice pour le bas du dos

Le terme « lombaires » désigne une région du dos. Elle regroupe 5 vertèbres (L1 à L5), leurs disques, et un ensemble de muscles qui stabilisent et mobilisent le tronc. La charnière L5-S1, entre la dernière lombaire et le sacrum, supporte les contraintes les plus fortes : c'est, avec L4-L5, le niveau le plus souvent touché par les discopathies.

Les muscles à travailler

Les multifides stabilisent chaque vertèbre (bird dog). Les érecteurs du rachis redressent le dos (extension au sol). Le carré des lombes stabilise le bassin latéralement (gainage latéral). Le transverse et les obliques forment une « ceinture » autour du tronc (curl-up, dead bug, Pallof press). Enfin, les grands fessiers prennent le relais du dos quand on se penche ou soulève (pont fessier, hip thrust).

Pour muscler les lombaires, on travaille donc tout le tronc et les hanches. Le renforcement musculaire du dos et des lombaires vise surtout l'endurance, car la colonne doit rester stable du matin au soir, au fil des gestes du quotidien.

Lombalgie commune : de quoi parle-t-on ?

Dans environ 90 % des cas, le mal de bas du dos n'a pas de cause grave identifiable : on parle de lombalgie commune. Selon sa durée, elle est dite :

  • aiguë : moins de 4 semaines (le « lumbago » ou « tour de rein ») ;
  • subaiguë : de 4 à 12 semaines ;
  • chronique : plus de 3 mois.

Le pronostic est bon : la majorité des épisodes aigus s'améliorent nettement en 4 à 6 semaines. Le vrai risque, c'est que la douleur s'installe. L'inactivité et la peur de bouger favorisent ce passage à la chronicité.

Ce que disent les données

  • La lombalgie est la première cause d'incapacité dans le monde, et le nombre de personnes concernées continue d'augmenter avec le vieillissement de la population.
  • Une revue Cochrane de 2021 (249 essais, 24 486 participants) conclut que l'exercice réduit la douleur lombaire chronique d'environ 15 points sur 100, et l'incapacité d'environ 7 points, par rapport à l'absence de traitement, aux soins habituels ou à un placebo.
  • L'activité physique et les exercices sont aujourd'hui au cœur de la prise en charge, et le repos au lit est déconseillé.

Concrètement, un exercice simple fait 3 fois par semaine pendant 3 mois apportera plus qu'un programme ambitieux abandonné au bout de 10 jours.

Avant de commencer : quand ne pas faire d'exercice lombaire seul

Consultez un médecin avant tout exercice, et en urgence pour les deux premiers points, si vous présentez l'un de ces signes (« drapeaux rouges ») :

  • perte de sensibilité au niveau du périnée ou de l'intérieur des cuisses, difficulté à uriner ou perte de contrôle des selles (urgence : syndrome de la queue de cheval) ;
  • faiblesse qui s'aggrave dans une jambe ou un pied (pied qui « tape », impossibilité de marcher sur la pointe ou le talon) ;
  • douleur après un traumatisme important (chute, accident) ;
  • fièvre, perte de poids inexpliquée, antécédent de cancer ;
  • douleur constante la nuit, non soulagée par le changement de position ;
  • premier épisode avant 20 ans ou après 55 ans ;
  • douleur qui ne s'améliore pas du tout après 4 à 6 semaines.

La règle des feux tricolores pendant l'exercice

Notez votre douleur de 0 à 10 pendant et après chaque séance :

  • Vert (0 à 3/10), pas pire le lendemain : continuer et progresser.
  • Orange (4 à 5/10), légèrement pire le lendemain mais revenu à la normale en 24 h : garder le même niveau, réduire l'amplitude.
  • Rouge (6/10 ou plus, ou douleur qui descend dans la jambe), nettement pire le lendemain : arrêter l'exercice et revenir au niveau précédent.

Une gêne modérée pendant l'exercice est normale. Un dos douloureux est souvent un dos sensibilisé, rarement un dos abîmé. En revanche, une douleur qui irradie sous le genou, des fourmillements ou un engourdissement qui augmentent pendant un mouvement doivent vous faire arrêter ce mouvement.

Pourquoi des maintiens courts (méthode 6-4-2)

Les muscles profonds du tronc fatiguent vite et perdent alors leur précision. Plutôt que de tenir 60 s en tremblant, on fait des maintiens de 8 à 10 s en pyramide descendante : 6 répétitions, 30 s de repos, 4 répétitions, 30 s de repos, 2 répétitions. Quand la série devient facile, on passe à 8-6-4, puis on allonge le maintien, et non l'inverse.

Meilleurs exercices lombaires

1. Curl-up modifié

Le curl-up modifié sollicite surtout le grand droit de l'abdomen, avec le soutien des obliques et du transverse. Contrairement au crunch, il rigidifie la paroi abdominale sans enrouler la colonne, qui garde sa courbure naturelle. La jambe pliée stabilise le bassin, les mains sous les lombaires servent de repère. Le geste est minuscule, quelques centimètres seulement, et c'est la qualité du maintien qui fait l'efficacité de l'exercice. Pensez à alterner la jambe pliée d'une série à l'autre.

  • Position : allongé sur le dos, une jambe tendue, l'autre pliée. Mains à plat sous le creux des lombaires pour conserver la courbure naturelle.
  • Mouvement : décoller la tête et les épaules de 2 à 3 cm seulement, sans fléchir le cou ni écraser le bas du dos contre les mains. Tenir 8 à 10 s en respirant.
  • Erreur fréquente : enrouler le dos comme un crunch. On cherche à raidir l'abdomen sans plier la colonne.
  • Progression : coudes décollés du sol, puis respiration profonde pendant le maintien.

2. Gainage latéral

Allongé sur le côté, vous sollicitez le carré des lombes, les obliques interne et externe et le moyen fessier du côté de l'appui. Ces muscles empêchent le bassin de s'affaisser sur le côté, comme lorsque vous portez un sac d'une main ou montez un escalier.

Le corps doit former une ligne droite de la tête aux genoux, ou aux pieds en version avancée. Respirez normalement pendant le maintien : si vous bloquez votre souffle, la position est trop difficile pour l'instant.

Un homme fait du gainage latéral.

  • Position : sur le côté, appui sur l'avant-bras, coude sous l'épaule. Débutant : genoux pliés à 90°. Avancé : jambes tendues, pied du dessus devant le pied du dessous.
  • Mouvement : soulever le bassin pour aligner épaule, hanche et genou (ou cheville). Tenir 8 à 10 s.
  • Erreur fréquente : laisser la hanche reculer ou s'affaisser.
  • Intérêt : c'est l'un des exercices qui sollicitent le plus le carré des lombes avec une faible charge sur les disques.

3. Pont fessier

Le pont fessier renforce les grands fessiers et les ischio-jambiers, avec une participation des érecteurs du rachis. Des fessiers forts soulagent les lombaires, car ce sont eux qui doivent produire l'extension de hanche quand on se relève ou soulève une charge. Avant de monter, basculez légèrement le bassin pour plaquer le bas du dos, puis poussez dans les talons. En haut, le corps forme une ligne droite des genoux aux épaules et vous sentez les fessiers, pas le bas du dos.

  • Mouvement : allongé sur le dos, pieds à plat, écartés de la largeur des hanches, pousser dans les talons pour monter le bassin jusqu'à l'alignement genoux-hanches-épaules. Pause de 2 s en haut.
  • Erreur fréquente : monter trop haut en cambrant. Le mouvement s'arrête quand les fessiers sont contractés, pas quand les lombaires se creusent.
  • Progression : pont sur une jambe, puis hip thrust épaules en appui sur un banc de musculation avec une charge sur le bassin.

4. Bird dog

Une femme fait l'exercice du bird dog pour éviter d'avoir mal au dos.

À quatre pattes, ce sont les multifides et les érecteurs du rachis du côté de la jambe tendue qui travaillent, avec le grand fessier et les deltoïdes. Toute la difficulté consiste à garder le dos immobile pendant que le bras et la jambe bougent. 

Contractez légèrement les abdominaux avant de tendre les membres, puis allongez-les comme si on vous tirait par la main et le talon. Le mouvement se fait lentement, sans élan, en alternant les côtés.

  • Position : à quatre pattes, mains sous les épaules, genoux sous les hanches, dos neutre.
  • Mouvement : tendre le bras droit et la jambe gauche à l'horizontale, sans lever plus haut. Tenir 8 à 10 s, puis dessiner un petit carré avec la main et le pied avant de revenir.
  • Erreur fréquente : creuser le dos ou faire pivoter le bassin. Test simple : un objet léger posé sur les lombaires ne doit pas tomber.

5. Pallof press (anti-rotation)

Le Pallof press est un exercice d'anti-rotation : les obliques, le transverse et le carré des lombes travaillent pour que le tronc reste face à l'avant malgré la traction de l'élastique. Les fessiers et les épaules participent à la stabilité. Placez-vous de profil par rapport au point d'ancrage, pieds écartés à la largeur des épaules, genoux légèrement fléchis. Tenez l'élastique contre la poitrine, poussez les bras droit devant vous, tenez 2 s, puis ramenez les mains. Plus vous vous éloignez du point d'ancrage, plus l'exercice est difficile.

  • Mouvement : un élastique de fitness fixé à hauteur de poitrine sur le côté. Debout, de profil, tendre les bras devant soi et résister à la traction qui fait tourner le tronc. Tenir 2 s, revenir.
  • Intérêt : les obliques travaillent pour empêcher la rotation, sans torsion de la colonne.

6. Dead bug

Le dead bug sollicite le transverse de l'abdomen, le grand droit et les obliques, qui travaillent pour empêcher le dos de se creuser. Le psoas, très actif quand la jambe descend, tire sur les vertèbres lombaires : les abdominaux doivent donc compenser en permanence.

Plaquez le bas du dos au sol, expirez lentement pendant que le bras et la jambe opposés s'éloignent, puis revenez en inspirant. Si le dos se décolle, réduisez l'amplitude ou gardez le genou plié.

Une femme fait l'exercice du dead bug pour éviter d'avoir mal au dos.

  • Mouvement : sur le dos, bras tendus vers le plafond, hanches et genoux à 90°. Descendre lentement le bras droit et la jambe gauche vers le sol sans que le bas du dos se décolle. Revenir et alterner.
  • Intérêt : il apprend à garder le tronc stable pendant que les membres bougent, comme pour marcher ou porter.

7. Hip hinge et soulevé de terre roumain

Apprendre à se pencher en pliant les hanches plutôt que le dos est la compétence qui protège le plus les lombaires au quotidien.

Le hip hinge fait travailler les grands fessiers et les ischio-jambiers, tandis que les érecteurs du rachis et les abdominaux maintiennent le dos neutre. Imaginez que vous fermez une porte avec les fesses : le mouvement part des hanches et la colonne ne s'enroule pas. Les genoux restent légèrement fléchis, le poids sur l'ensemble du pied, la charge proche des jambes. On descend tant que le dos reste plat, puis on remonte en contractant les fessiers.

  • Étape 1, sans charge : debout, un bâton le long du dos touchant la tête, le haut du dos et le sacrum. Pousser les fesses vers l'arrière en gardant les trois points de contact, genoux légèrement fléchis.
  • Étape 2, avec charge : une kettlebell ou deux haltères, descente en 3 s jusqu'à mi-tibia, remontée en poussant les hanches vers l'avant.
  • Charge de départ indicative : 8 à 12 kg pour une femme non entraînée, 12 à 16 kg pour un homme non entraîné. Augmenter de 2 à 4 kg quand les 3 séries de 10 sont réalisées sans douleur ni perte de position.

8. Marche du fermier unilatérale (suitcase carry)

La marche du fermier unilatérale sollicite le carré des lombes et les obliques du côté opposé à la charge, ainsi que les muscles de l'avant-bras et les trapèzes. Comme la charge tire le corps sur un côté, le tronc doit travailler pour rester vertical. Saisissez la poignée, redressez-vous, rentrez légèrement le menton et éloignez les épaules des oreilles. Marchez à pas normaux, sans pencher vers la charge ni vers le côté opposé, puis changez de main.

  • Mouvement : porter une seule charge d'un côté, comme une valise, et marcher 20 à 30 m en restant parfaitement droit.
  • Intérêt : le carré des lombes et les obliques du côté opposé travaillent pour empêcher l'inclinaison. Un exercice très proche des gestes réels (courses, valise, enfant).
  • Matériel : haltères fitness ou poids de musculation ; commencer à environ 15 à 20 % du poids du corps.

9. Extension lombaire au sol

L'extension lombaire au sol fait travailler les érecteurs du rachis et les multifides, avec l'aide des grands fessiers et des muscles du haut du dos. C'est une version douce du superman, limitée à quelques centimètres pour éviter l'hyperextension. Avant de décoller, serrez les fessiers et gardez le regard vers le sol, sans relever la tête. Visez un maintien contrôlé plutôt qu'une grande amplitude. Vous devez sentir les muscles travailler, sans aucune compression dans le bas du dos.

  • Mouvement : à plat ventre, front sur les mains. Décoller légèrement la poitrine et les bras de 3 à 5 cm en serrant les fessiers. Tenir 3 à 5 s.
  • Prudence : le superman complet (bras et jambes levés très haut) comprime fortement les lombaires en hyperextension. Il est inutile pour la plupart des pratiquants et à éviter en cas d'arthrose des articulations postérieures ou de spondylolisthésis.

Tester l'endurance de votre dos

Un test simple permet de suivre vos progrès toutes les 4 semaines : chronométrez le gainage latéral de chaque côté jusqu'à la perte de la position. Un écart nettement perceptible entre droite et gauche signale un déséquilibre à corriger.

Étirement lombaire : les 5 étirements les plus efficaces pour soulager le dos

Les étirements soulagent surtout en réduisant la tension et en redonnant de la mobilité aux hanches. Ils ne « remettent » pas une vertèbre en place et ne remplacent pas le renforcement. Règle générale : 2 à 3 maintiens de 20 à 30 s, ou 10 répétitions lentes pour les mobilisations, sans jamais forcer dans la douleur.

Les étirements en flexion (genoux-poitrine, posture de l'enfant) conviennent particulièrement en cas d'arthrose lombaire ; l'étirement en figure 4 et la fente au sol ciblent les raideurs dues aux longues journées assises.

Détail des mouvements

  1. Chat-vache : à quatre pattes, arrondir doucement le dos en expirant, puis le creuser légèrement en inspirant. Rester dans une amplitude confortable ; en phase aiguë, réduire le mouvement de moitié.
  2. Genoux vers la poitrine : sur le dos, ramener un genou puis les deux vers la poitrine avec les mains derrière les cuisses. Le bas du dos s'arrondit doucement contre le sol.
  3. Posture de l'enfant : à genoux, s'asseoir sur les talons et allonger les bras devant soi, front au sol. Écarter les genoux si les hanches sont raides.
  4. Figure 4 : sur le dos, cheville droite posée sur le genou gauche, tirer la cuisse gauche vers soi jusqu'à sentir l'étirement dans la fesse droite.
  5. Fente au sol : un genou au sol sur un tapis de sport, l'autre pied devant. Serrer le fessier du côté du genou au sol et avancer légèrement le bassin, sans cambrer.

Étirement lumbago : que faire pendant la phase aiguë

Pendant un lumbago, la priorité est de trouver une position de soulagement, puis de bouger doucement plusieurs fois par jour. Les deux mobilisations les mieux tolérées sont en général :

  • Bascule du bassin sur le dos : genoux pliés, basculer doucement le bassin d'avant en arrière, 10 à 15 fois, toutes les 2 à 3 heures.
  • Rotation douce des genoux : sur le dos, genoux pliés et serrés, les laisser tomber lentement d'un côté puis de l'autre, dans une petite amplitude.

Certaines personnes sont soulagées par la flexion (genoux-poitrine), d'autres par l'extension douce (allongé sur le ventre, appui sur les avant-bras). La bonne direction est celle qui diminue la douleur, ou la fait remonter de la jambe vers le centre du dos. Si un mouvement fait descendre la douleur dans la jambe, abandonnez-le.

Programme exercice lombaire maison : 8 semaines pour muscler le bas du dos

Ce programme s'adresse à une personne sans pathologie grave, débutante ou qui reprend le sport. Il demande 3 séances par semaine de 15 à 30 minutes, avec au moins un jour de repos entre deux séances, et de la marche les autres jours.

Structure d'une séance

  1. Échauffement, 3-4 min : chat-vache (10 rép.), bascule du bassin (10 rép.), 1 min de marche sur place.
  2. Renforcement, 10-25 min : les exercices de la phase en cours, 30 à 60 s de repos entre les séries.
  3. Retour au calme, 3-5 min : 2 ou 3 étirements de la section précédente.

Progression semaine par semaine

Le programme se déroule en 4 phases de 2 semaines. Chaque phase garde le Big 3 comme socle et ajoute un niveau de difficulté :

  • Semaines 1-2, apprendre le contrôle : curl-up, gainage latéral genoux pliés, bird dog et pont fessier. Big 3 en 6-4-2, pont fessier 2 × 10.
  • Semaines 3-4, endurance : on passe au gainage latéral jambes tendues et on ajoute le dead bug. Big 3 en 8-6-4, autres exercices 3 × 10.
  • Semaines 5-6, intégrer les hanches : pont sur une jambe, Pallof press et hip hinge, d'abord au bâton puis avec une charge légère. Big 3 en 8-6-4 avec maintien de 10 s, autres exercices 3 × 10.
  • Semaines 7-8, gestes de la vie réelle : soulevé de terre roumain, marche du fermier et hip thrust. Big 3 en 10-8-6, exercices avec charge 3 × 8-10.

Critère pour passer à la phase suivante : toutes les séries réalisées avec une douleur ≤ 3/10 et sans aggravation le lendemain. Sinon, répétez la phase. Rester 2 semaines de plus sur une phase est fréquent et ne pose aucun problème.

Exemple de calcul de volume

En semaines 3-4, le Big 3 en 8-6-4 représente 18 maintiens de 10 s par exercice et par côté. Le curl-up compte une seule fois, tandis que le gainage latéral et le bird dog se font des deux côtés : on compte donc 5 « unités ». Le calcul donne 18 × 10 s × 5 = 900 s, soit 15 minutes de contraction effective par séance, réparties en courtes contractions de qualité. Avec les repos, l'échauffement et les étirements, la séance dure alors environ 30 minutes ; si le temps manque, ramenez le maintien à 8 s (12 minutes de contraction) plutôt que de supprimer un exercice.

Le matériel utile

Pour démarrer, un tapis de sport suffit : les semaines 1 à 4 se font au poids du corps. Des élastiques fitness deviennent très utiles dès la semaine 5 pour le Pallof press et l'activation des fessiers. Pour les exercices avec charge, une kettlebell ou des haltères couvrent le hip hinge, le soulevé de terre roumain et la marche du fermier.

En option, un banc de musculation permet le hip thrust, et un tapis de protection de sol protège le sol sous les charges. La roue abdominale, elle, n'a sa place qu'après 8 semaines sans douleur.

La roue abdominale est un excellent outil de gainage, mais une mauvaise exécution creuse fortement les lombaires. Commencez à genoux, sur une amplitude courte, devant un mur qui arrête la roue, et uniquement si la planche de 60 s est maîtrisée sans douleur.

Exercices déconseillés en cas de lombalgie et erreurs fréquentes

La plupart de ces exercices redeviennent possibles une fois le dos renforcé. En phase douloureuse, mieux vaut pourtant les mettre de côté : ils chargent les lombaires, alors que des alternatives plus sûres travaillent les mêmes muscles.

  • Crunchs et sit-ups répétés : flexion lombaire répétée sous compression. À remplacer par le curl-up modifié ou le dead bug.
  • Relevés de jambes tendues sur le dos : le psoas tire sur les vertèbres et creuse le dos. À remplacer par le dead bug, genoux pliés.
  • Superman haut et hyperextensions : compression des articulations postérieures. À remplacer par l'extension au sol de faible amplitude ou le bird dog.
  • Rotations du tronc rapides ou chargées : cisaillement et torsion du disque. À remplacer par le Pallof press (anti-rotation).
  • Toucher ses pieds jambes tendues, de façon répétée : le disque est étiré en flexion maximale. À remplacer par le hip hinge et l'étirement des ischios sur le dos.
  • Roue abdominale ou planche longue jusqu'à l'échec : le dos se creuse dès que la fatigue arrive. À remplacer par des planches courtes de 10 s, répétées.
  • Soulevé de terre lourd ou avec le dos rond : charge élevée sur la colonne en flexion. À remplacer par un hip hinge léger, avec une kettlebell surélevée à hauteur de genou.

Les 5 erreurs qui freinent la récupération

  1. Rester au lit ou arrêter toute activité : le déconditionnement entretient la douleur.
  2. Chercher la brûlure : les muscles profonds du dos travaillent en endurance, pas jusqu'à l'épuisement.
  3. Étirer sans renforcer : la souplesse soulage à court terme, mais ne protège pas contre les rechutes.
  4. Progresser trop vite : augmenter le volume de plus de 10 à 20 % par semaine expose à des poussées douloureuses.
  5. Arrêter dès que la douleur disparaît : c'est précisément le moment où l'entretien prévient la récidive. Deux séances par semaine suffisent pour conserver les acquis.

Marcher quand on a mal au dos : est-ce une bonne idée ?

Oui. La marche est l'une des activités les plus efficaces contre le mal de bas du dos, qu'il soit aigu ou chronique. Elle mobilise la colonne en douceur, active les muscles du tronc et nourrit les disques par les variations de pression.

L'essai WalkBack (The Lancet, 2024, 701 adultes en Australie) l'a montré pour la prévention des rechutes. Les participants qui suivaient un programme de marche individualisé et progressif, accompagné de 6 séances avec un kinésithérapeute sur 6 mois, sont restés en médiane 208 jours sans rechute, contre 112 jours dans le groupe sans intervention. C'est presque deux fois plus, pour une activité qui ne coûte rien.

Comment doser la marche

Pendant un lumbago, marchez 5 à 10 minutes à rythme confortable, 3 à 5 fois par jour, en ajoutant 2 à 5 minutes dès que la douleur le permet. En reprise après une lombalgie chronique, commencez par 10 à 20 minutes, 3 à 5 fois par semaine, et augmentez d'environ 10 % par semaine. L'objectif d'entretien est de 30 minutes à rythme soutenu, 5 fois par semaine.

Si la marche déclenche une douleur ou des fourmillements dans les jambes qui obligent à s'arrêter et disparaissent assis ou penché en avant, parlez-en à votre médecin : ce tableau évoque un canal lombaire étroit, pour lequel le vélo est souvent mieux toléré.

Un homme tient des bâtons de randonnée dans ses mains.

Pendant la marche, il est utile d'utiliser des bâtons de marche.

Au bureau : casser la position assise

Rester assis n'abîme pas le dos, mais l'immobilité prolongée finit par le raidir. Changez de position toutes les 30 à 45 minutes : se lever, faire 5 extensions debout mains sur les hanches ou 5 hip hinges, marcher pendant les appels. Ces micro-pauses font plus contre la raideur de fin de journée qu'un siège ergonomique. 

Si tu travailles depuis chez toi, tu peux t'équiper d'un tapis de marche pour marcher tout en travaillant à ton bureau.

Une femme marche sur un tapis de course.


FAQ : exercice lombaire et mal de bas du dos

Quel est le meilleur exercice pour les lombaires ?

Le bird dog est un excellent point de départ : il renforce les multifides et les fessiers en position neutre, avec une faible charge sur les disques, et convient aux débutants. Aucun exercice ne suffit toutefois à lui seul. C'est la régularité d'une routine complète, gainage, étirements et marche, qui réduit durablement la douleur.

Comment se muscler le bas du dos pour ne plus avoir mal ?

Renforcez tout le tronc en endurance plutôt que les lombaires seules. Faites 3 séances par semaine de 15 à 30 minutes : curl-up modifié, gainage latéral et bird dog en maintiens de 8 à 10 s, plus pont fessier et hip hinge. Ajoutez 30 minutes de marche la plupart des jours. Les effets apparaissent en 4 à 6 semaines.

Quels sont les 3 exercices qui renforcent votre dos ?

Le « Big 3 » de Stuart McGill : le curl-up modifié (abdominaux sans enrouler le dos), le gainage latéral (carré des lombes et obliques) et le bird dog (multifides et fessiers). Ils se pratiquent en pyramide descendante 6-4-2 avec des maintiens de 8 à 10 s, et ne demandent qu'un tapis.

Quels exercices sont déconseillés en cas de lombalgie ?

En phase douloureuse, évitez les crunchs et sit-ups répétés, les relevés de jambes tendues, le superman haut, les rotations rapides ou chargées et le soulevé de terre dos rond. Remplacez-les par le curl-up modifié, le dead bug, le bird dog et le Pallof press, qui renforcent les mêmes muscles en gardant la colonne neutre.

Quels sont les 5 étirements les plus efficaces pour soulager le mal de dos ?

Le chat-vache, les genoux vers la poitrine, la posture de l'enfant, l'étirement du piriforme (figure 4) et l'étirement des fléchisseurs de hanche en fente. Tenez chaque étirement 20 à 30 s, 2 à 3 fois, sans douleur. Ils soulagent la tension mais doivent être associés à du renforcement pour prévenir les rechutes.

Est-il bon de marcher quand on a mal au dos ?

Oui. La marche est recommandée dès les premiers jours d'un lumbago, par courtes sorties de 5 à 10 minutes. Sur le long terme, une marche régulière et progressive aide aussi à prévenir les rechutes. Visez 30 minutes, 5 fois par semaine.


Auteur: Loïc Marceau